Le CNOS BEN a tenu, le vendredi 16 janvier 2026 à Cotonou, une conférence de presse au siège de l’institution, à la Maison des Fédérations (Haie Vive). La rencontre s’est déroulée à l’issue de la première réunion mensuelle du Bureau Exécutif pour l’année 2026.
Dans sa prise de parole, le Président du CNOS BEN, Julien Minavoa, a posé trois repères : une annonce historique pour le pays, une lecture des performances sportives récentes, et un plaidoyer assumé à l’endroit des décideurs publics, dans un contexte de consultations électorales.
« Notre rencontre […] me donne l’occasion d’échanger avec vous autour de trois points principaux. Le premier concerne un événement historique pour notre pays […] dans le cadre des Jeux Olympiques d’Hiver de Milano-Cortina. »
La première participation du Bénin aux Jeux olympiques d’hiver 2026
Le premier axe annoncé par le CNOS BEN est sans précédent : le Bénin participera pour la première fois de son histoire aux Jeux Olympiques d’Hiver de Milano-Cortina, du 06 au 22 février 2026. Pour le mouvement olympique béninois, il s’agit d’une entrée symbolique dans un espace rarement accessible aux pays tropicaux.
« L’année 2026 commence de la plus belle des manières pour le Bénin qui va participer pour la première fois dans son histoire aux Jeux Olympiques d’Hiver. »
Une trajectoire faite de décisions, de dates et de résilience
Le CNOS BEN a rappelé que le chemin n’a pas été linéaire. Il a fallu d’abord faire tomber le scepticisme national, puis construire une base associative et fédérative crédible, avant d’engager la bataille sportive et administrative autour du dossier de l’athlète Nathan TCHIBOZO.
Le CNOS BEN a retracé les jalons structurants du processus :
- 2024 : naissance de l’Association Sportive de Ski d’Abomey-Calavi et obtention de l’attestation de conformité du Ministère des Sports ;
- 21 mai 2025 : délivrance de l’acte de reconnaissance par le CNOS BEN ;
- 13 juin 2025 : affiliation du Bénin à la Fédération Internationale de Ski (FIS) ;
- 24 septembre 2025 : changement de nationalité sportive acté par la FIS, attribution et activation du Code FIS ;
- 09–10 décembre 2025 : confirmation du changement de nationalité sportive par la Commission Exécutive du CIO, avec exemption de la règle d’inactivité de trois ans.
Le Président du CNOS BEN a salué l’implication de l’athlète, de son encadrement et des responsables associatifs.
« Je saisis donc l’occasion pour adresser toutes mes félicitations à l’athlète, à ses encadreurs techniques, à ses parents et aux responsables de l’Association Sportive de Ski d’Abomey-Calavi. »
Une qualification qui s’est aussi jouée sur le terrain
Au-delà des décisions, le CNOS BEN a insisté sur l’aspect le plus exigeant : la bataille sportive. Entre stages, camps d’entraînement et compétitions qualificatives à travers le monde, l’athlète et son staff ont dû travailler dans un calendrier serré, avec une pression élevée.
« La bataille la plus importante a été celle livrée par l’athlète Nathan TCHIBOZO, tout son staff technique et les principaux responsables de l’Association […] à travers le Monde. »
Appréciation du CNOS BEN sur les performances du sport béninois
Dans le deuxième axe, le Président a relevé l’impact des infrastructures sportives, des subventions régulières et de la participation accrue aux compétitions internationales sur les résultats du Bénin.
Il a évoqué plusieurs rendez-vous majeurs ayant mobilisé des délégations importantes, soutenues par l’État : Jeux Africains (Ghana, mars 2024), Jeux Africains Scolaires (Algérie, 2025), Jeux de la Zone 3 de l’ACNOA (Ouagadougou, 2025) et Jeux Africains de la Jeunesse (Angola, 2025).
La CAN Maroc 2025 a également été citée comme un marqueur, au-delà du résultat final.
« Malgré leur élimination en huitième de finale, les Guépards du Bénin ont marqué les esprits […] notamment face à la RDC […] et à l’Égypte […] au terme des prolongations. »
Le CNOS BEN a par ailleurs salué l’amélioration des relations de travail avec le Ministère des Sports, illustrée par des signaux de coopération renforcée.
Plaidoyer aux décideurs : neuf priorités pour un sport mieux gouverné
Le troisième axe est un appel direct, posé sans détour : le sport doit occuper une place plus centrale dans les politiques publiques, notamment au niveau des collectivités territoriales. Le Président a interrogé la visibilité du sport dans les discours de campagne des élections du 11 janvier 2026 et a exprimé une déception face à la faiblesse des propositions concrètes.
« De tous sujets agités çà et là, quelle a été la place du Sport ? […] je n’ai personnellement rien remarqué. »
Le CNOS BEN a rappelé l’urgence de moderniser le cadre juridique, et a exposé des demandes structurantes, destinées à nourrir les politiques sportives des prochaines années :
- Vote et promulgation de textes consolidant les bases juridiques du sport ;
- Élaboration d’un plan stratégique de développement du sport national ;
- Définition d’une politique crédible de diplomatie sportive ;
- Facilitation des déplacements pour les acteurs sportifs d’élite (passeports de service/diplomatiques) ;
- Critères clairs de motivation et de reconnaissance des athlètes et encadreurs ;
- Mise en place d’un centre médico-sportif moderne et opérationnel ;
- Relance d’un Fonds National pour le Développement du Sport ;
- Dispositifs de prise en charge des anciennes gloires ;
- Réflexion sur le statut institutionnel du CNOS BEN comme structure faîtière.
« Le Mouvement Sportif Béninois voudrait demander aux candidats […] de considérer le sport comme un pilier fondamental de la vie de notre Nation. »
Une ligne assumée : complémentarité, dialogue et exigence
En conclusion, le CNOS BEN a réaffirmé une position de principe : le Comité olympique n’est pas un rival des autorités sportives nationales. Les rôles sont distincts, mais complémentaires, et l’ambition commune reste la même : faire progresser le sport béninois, dans la performance comme dans la gouvernance.
Cette conférence de presse du 16 janvier 2026 ouvre ainsi l’année sur une image forte : un drapeau attendu en Italie, et un message clair à construire ici, sur le terrain béninois, là où naissent les vocations et se forgent les résultats.